samedi 6 novembre 2010

Mouche

Pendant que j'écris, une mouche me prend pour une merde .
Ou un morceau de sucre.
Ou de viande.
Dites moi pour qui vous pensez que la mouche vous prends je vous dirai votre état d'esprit.
Moi j'ai dit merde.
On en conclura que je me prends pour une merde.
Or, il n'en est rien.
Parfois oui, comme vous et moi .
Mais pas aujourd'hui .
Hier non plus.
Bref, une mouche me tourne autour
Et bien que grande est ma patience
Infinie ma compassion
Je sens que je vais prendre
La mouche
Et te l'écraser
Cette chieuse .

A moins que William
Et son poème
Ne me fasse changer d'avis.
D'ailleurs, elle est partie.
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THE FLY

Little Fly
Thy summer play,
My thoughtless hand
Has bruch'd away.

Am not I
A fly like thee?
Or art no thou
A man like me?

For I dance
And drink & sing;
Till some blind hand
Shall bruch my wing.

If thought is life
And strenght & breath;
And the want
Of thought is death;

Then am I
A happy fly
If I live,
Or if I die.

                William Blake ,
Songs of innocence and of experience

jeudi 7 octobre 2010

Un copain oublié depuis des lustres m’a rencontré ce matin alors que je sortais du marché . Je ne l’ai pas reconnu caché qu’il était par des lunettes noires ( mon nez aussi en est chaussé mais on me reconnaît toujours )) et coiffé d’une moitié d’oeuf en résine chimique, avec son thorax et ses fesses moulés dans du pur synthétique spécial vélo.
Il m’a claqué le dos ,ce que je n’ai pas apprécié mais sans le montrer.
- Mais c’est ce sacré Heavy ! Qui ne me reconnaît pas, hein ? ;) – ceci pour dire qu’il me fit un clin d’oeuil, chose que je déteste , de même qu’on me nomme Heavy ,raccourci que je ne tolère que venant des proches-
-...Heu...si mais....
- Elias, mon vieux, Elias est devant toi, tu me remets pas ?! Elias du gymnase, bon Dieu !
Et alors ça me revint, je le remis. C’était Elias avec qui je faisais des pompes dans un local plein de types qui en voulaient. Des muscles. J’en fis partie, j’avoue, mais j’étais jeune. En ai-je bavé sué.... Passons, c’est du vieux.
- Ah mais oui, Elias bien sûr !! Ah ça alors !! Fis-je feignant l’enthousiasme et cherchant déjà un moyen de me débiner sans heurter sa sensibilité,ou plutôt sa susceptibilité, deux choses à ne pas confondre .
- Tou n’as pas changé dis donc, fit-il en me frappant l’épaule, et venant de lui je sus instantanément et sans l’ombre d’un doute que ce n’était pas de sa part un compliment, ne m’a t-il pas seriné avec ses conseils à la con que comme quoi je devrais maigrir un peu, d’où le gymnase.
Je ne vais pas transcrire le dialogue que nous eûmes car ce fut un monologue,Elias étant de ceux qui ne s’intéressent qu’à eux . Il m’apprit qu’il était devenu directeur d’une agence immobilière et qu’il gagnait un max, qu’il avait eu six voitures en dix ans ....et là je l’interrompis :
-T’as un gros cul, je parie.
Ça le coupa grave dans son élan et je souris intérieurement quand il ébaucha le geste de regarder derrière lui afin de vérifier le sien derrière.
- Mais non, je parle de 4.4, tout terrain, voiture. Grosse voiture. Hummer.... ?
- Aaaah... Hummer, non ,ça pollue. J’ai la Land Rover Evoque, tu connais ?
Et il me vanta les charmes irrésistibles de la Evoque tout en sautillant sur place pour éviter la crampe du mollet. Car il venait de faire trente kilomètres en vélo, que mon vieux y’a rien de tel pour garder la forme etc. Là dessus j’eu une envie irrépressible de café noir bien sucré et d’un croissant à tremper dedans ,le tout suivi d’une cigarette et le lui dis, sans autres et en l’interrompant.
- Ecoute vieux, j’ai pas petit-déjeûné , on en prend un ? En tous cas moi oui sinon j’ai une baisse de tension et un accès de mauvaise humeur fulgurant ,les deux simultanément ce qui est assez paradoxal, non ?
Bon, j’abrège . Il accepta car il n’avait pas fini deme parler de lui et des bienfaits du vélo, de la crise qui lui ne l’avait pas touché, de son Evoque, de son appart acheté cash, de sa dernière conquète une brune je te dis pas , s’interrompant pour hausser les sourcils et faire la moue en me voyant tremper mon croissant, et agiter l’air avec sa main en détournant la tête avec une expression de vieille fille à qui une main aurait frôlé un sein et me faire la leçon. Du coup je redemandais un autre croissant et en l’attendant m’en rallumais une . (Avis à ceux qui agissent tel cet Elias : Soyez cool et gardez vos moues dégoûtées car elles ne font que provoquer le fumeur )
Comme , malgré sa super forme il était quand même bien fragile, ne supportant pas la fumée de ma Fortuna il se leva, invoquant la nécessité de prendre une douche.
- Content de t’avoir vu,Vieux, faudra qu’on s’appelle, tiens donne moi ton nº de mobile...
- j’en ai pas, seulement un fixe.
- Ah ah ah, sacré Heavy, ça m’étonne pas, donne moi ton fixe, merde j’ai pas de papier,t’as un papier et un stylo ? ah mais j’ai ma carte....Ah mais non, j’ai rien sur moi forcément je viens de faire trente bornes en vélo...dis, tu m’excuseras si je te laisse payer mon redbull, la prochaine fois c’est ma tournée, ok ?
Sur la route menant à chez moi, je fus ralenti, nous fumes ralentis, par un groupe de cyclistes qui pédalaient en triple file, sûrs de leur bon droit en tant qu’êtres sportifs et sains, non pollueurs.
Ah Seigneur ! Retenez mon pied qu’une pulsion incite à pousser sur la pédale de droite.... !

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